Foire aux questions

Mon frère est fou... Ma famille déséquilibrée

1. Mon frère est atteint de maladie mentale, vaut mieux ne pas avoir d’enfant pour éviter le pire.
« Parfois j’ai un sentiment de panique par rapport à mes enfants, je crains que la même chose ne se reproduise. » Une sœur de 54 ans La relation fraternelle est très variée sur le plan du partage du patrimoine génétique. Ainsi, si nous savons avec certitude que nous partageons avec chacun de nos géniteurs (parents) 50% de patrimoine génétique (soit 50% de ressemblance), nous ne pouvons savoir, par contre, ce que nous partageons avec notre frère ou notre sœur. Théoriquement, tout est possible entre 0% et 100%. Autrement dit, génétiquement, nous pouvons être complètement identiques ou différents. (Source : DAVTIAN, Hélène, Les frères et sœurs de malades psychiques, UNAFAM, Paris, 2003, 36 p)
2. Si je m’éloigne de ma sœur, ce sera le signe que je l’abandonne, que je n’ai plus d’intérêt pour elle.
« Je suis déchirée entre partir et me protéger ou rester pour soutenir mes parents. » Une sœur de 39 ans La prise de distance n’est pas synonyme d’abandon, ni de désintérêt. Ce n’est pas parce que l’on s’éloigne que l’on ne s’intéresse plus à son frère ou sa sœur, ou que l’on n’est pas concerné par sa souffrance. Nous avons rencontré des frères et des sœurs qui, bien qu’éloignés, se sont beaucoup renseignés sur la maladie. Ils ont eu besoin de cette distance pour s’y intéresser; sans cette distance, ils restaient sous l’emprise de la maladie. Il ne s’agit pas d’un éloignement pour se libérer, mais c’est parfois le seul moyen pour se recentrer et retrouver ses capacités de penser et de réfléchir, car on constate que beaucoup de frères et sœurs continuent à ressentir de la souffrance malgré cette distance. (Source : DAVTIAN, Hélène, Les frères et sœurs de malades psychiques, UNAFAM, Paris, 2003, 36 p.)
3. Il est anormal que je ressente de la jalousie envers ma soeur qui est atteinte de maladie mentale.
« Mon père a construit un mur au milieu de la famille: d’un côté ma sœur, lui et ma mère… de l’autre côté, nous, les autres enfants. » Mara Un premier retentissement sur la fratrie est, incontestablement, la souffrance des parents, leur désarroi. S’ils ne sont pas expliqués, ils peuvent faire le lit du sentiment de culpabilité. « C’est de ma faute si mes parents sont tristes ». Ce sentiment renvoie aussi à l’impression qu’on n’a pas assez fait pour le frère ou la sœur, alors que l’on est soi-même bien portant. À cela se mêlent sentiments d’abandon, de honte, d’agressivité devant la surprotection des parents, de jalousie avec la culpabilité qui s’ensuit. (Source : PAYRARD, Marie, psychologie@jir.fr)
4. Ma sœur a une maladie mentale et c’est moi qui est épuisée, ce n’est pas normal.
« On existe que quand on a besoin de nous. » Un frère de 48 ans La majorité des études démontrent que le fait d’avoir un proche atteint de maladie mentale provoque des effets négatifs sur la santé physique, surtout dans le cas de la prise en charge de cette personne. Une étude interne de la FFAPAMM rapporte que 82% des familles se disent épuisées. Par ailleurs, une récente recherche révèle que la détresse émotionnelle des membres de l’entourage est trois fois plus élevée que dans la population en général (60% vs 20%). ( Source : PROVENCHER, Hélène, Le point de vue des familles face à la reconfiguration des services de santé mentale dans le contexte du soutien familial, FFAPAMM, Québec, 2001, 50 p.)
5. Les rencontres familiales ne sont plus possibles.
« Noël n’était plus la fête des enfants, c’était devenu la fête de ma sœur. » Armelle Il faut savoir prendre en compte la fragilisation qu’engendrent les rencontres familiales. Essayer de trouver ensemble des compromis réalisables qui concilieraient, au mieux, les désirs et les craintes des uns et des autres, c’est un exercice de tolérance et de respect des limites de chacun, un moyen de diminuer la tension créée par la peur de l’inconnu et de l’imprévisible. ( Source : DAVTIAN, Hélène, Les frères et sœurs de malades psychiques, UNAFAM, Paris, 2003)